Surconsommation et Gaspillage

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Consumérisme et gaspillage, où allons nous?

A quelques jours de la COP22 , Les membres de l'observatoire citoyen RCM ,
n'ont pas hésité à apporter leur eau au moulin de cet événement planétaire de
grande importance, en organisant une conférence le samedi 15 octobre 2016 à l'ESCA Casablanca sur la Surconsommation et le gaspillage.
Qui dit surconsommation dans une vision multidimensionnelle contemporaine, ne peut en aucun cas omettre les répercutions de ces mauvaises habitudes sur la vie et les moyens des consommateurs, l'environnement et la gouvernance d'un pays appelé à vivre au dessus de ses moyens.


Le constat pour les animateurs de la conférence et l'assistance quoi que connu, était accablant et très inquiétant, puisque piocher dans les parties invisibles de ces fléaux, a permis de mettre à nu l'horreur et le mal que peut se faire l'humain à lui même, ses semblables et à la nature source de sa vie. Ce mal réside entre grands points de consommation et la décharge publique, dont on en ignore sa face cachée, même si le consommateur, comme a pu le préciser M. Madih, S.G. de la Fédération Nationale des Associations du Consommateur, ne connait pas ses droits ou ne les défends pas toujours. 
 Aspect d’autant plus inquiétant que les marketers aujourd’hui, comme le rappelle Mme. Sadiki, Entrepreneur, ne lésinent pas à utiliser des facteurs de conversion du consommateur ou à intensifier leurs messages diversifier pour permettre aux structures de vendre plus… toujours plus, même si la personne n’a en réalité pas besoin de ce produit et à ce moment du moment d’achat.

Le sujet est plus grand et plus important pour quelques heures de débats néanmoins, les résolutions de cet après midi ne déméritent pas, de part leur pertinence et la maîtrise des intervenants et l'enrichissement des débats apportés par une assistance plus qu’intéressée.


En somme, il est important de se rendre compte de la chaine de consommation; Nous achetons plus que ce qu’il nous faut, ce qui engendre que nous ne consommons/profitons pas (produit alimentaire ou pas) ce que nous achetons, et de là nous jetons une grande partie de ces achats. Le comble c’est que cette frénésie sociale à la surconsommation ne s’arrête pas et est cyclique, au vu d’une machine de l’ « Incitation à la consommation »
 Pire, ce gaspillage génère un plus grand nombre de déchets; Comme l’a rappelé M. Ghallab, expert en Développement Durable, ceux-ci se versent dans les décharges (1) qui envahissent nos campagnes pour alimenter le bétail en poison, avant que ces ovins et bovins ne se retrouvent dans nos assiettes ! Les décharges, sont des « No-Rights-Land », où d’innombrables chiffonniers se jettent sur les ordures avant même que le camion à ordures n’ait fini de déverser son contenu !!! Une zone de non droit sociaux, de conditions de travail alimentant un marché informel très juteux.

A propos de marché juteux, le contenu de ces camions bennes sont achetés à l’entrée de la décharge !!! Un point de gouvernance, et qui nous importe fort, la ville de Casablanca, a elle seule paie 600 (six cent) millions de dirhams / an au(x) prestataire(s) pour faire la collecte des déchets; Sachant que nous jetons 50% de nos achats (on achète plus que nécessaire) imaginez que nos taxes ne vont pas à la poubelle et que la ville gagne 300 millions de dirhams à investir dans d’autres chantiers et infrastructures ?
 


Toujours en mode de gouvernance, savez-vous que ce sont plus de 100 millions de pièces de pains (ronds et baguette) que nous consommons chaque jour au Maroc ? 
 Il est vrai que consommer est un mot déplacer, car ce sont plus de 100 millions de pièces de pains qui sont produites et vendues, sans omettre ce que les fours vendent directement au marché du pain sec (et souvent moisi). Un marché qui alimente principalement le bétail à Kelaat Sraghna et l’Oriental. Ceci dit, le Maroc importe chaque an 2 million à 4 millions de tonne de blé. Sachant que
1. ce sont l’équivalent de 50 millions de pain (2) qui sont jetés chaque jour
2. la pièce de pain fait entre 120g et 160g Ce sont des millions de tonnes gaspillés par jour (nous avons plus de 7 millions de ménages au Maroc et 35 millions d’habitants)

N’oublions pas que le prix minimum sur l’année du blé est de 2700 Dh/tonne (3)
 Nous nous plaignons de budget manquant, l’état importe pour subvenir à la demande nationale (4) . 
 Certes, il est possible que l’Etat cadre les fours les professionnels du pain et assimilé pour qu’ils étudient mieux la demande du marché et fasse aussi un contrôle des rejets de pain et autres aliments dans le secteur de la restauration, sans oublier de formuler des lois, à l’instar d’autres pays pour éviter le gâchis alimentaire. Mais cela ne suffirait pas. Nous devons en tant que consommateur être des consommateurs conscients et averti;


D’une part, connaitre nos droits de consommateurs et d’autre part, être des consommateurs responsables Comment? ci-après quelques conseils à cet effet; L'accent à été donc mis sur le comment changer notre culture de consommation;



A - Etre un consommateur averti, conscient
- Savoir gérer ses consommations suivant ses besoins essentiels et vitaux;
- Ne pas agir en consommateur schizophrène achetant pour ressembler à d’autres
- Consommer bio, frais et les produits désinfectants faits maison, à base de mélange de denrées naturelles utilisées par nos ancêtres. ( voir certains exemples sur la toile).
- Changer ses habitudes alimentaires en évitant les produits « pollués » par les additifs de conservations et les viandes tout venants.

B - Savoir défendre ses droits :
- Apprendre à connaitre ses droits et ses devoir de consommateur.
- Adhérer aux association de consommateurs.
- Combattre les pubs trompeuses .
- Eviter d'être la vide-grenier ou la décharge des soldes et des liquidations.
- Combattre pour que le consumérisme, le gaspillage et l'écologie soient des chapitres à enseigner dès le primaire.

C - Etre responsable et réduire au maximum son empreinte/impact environnemental
- Eviter le plus possible les emballages non dégradables et les produits de conserves, les surgelés,
- Favoriser l'achat en vrac chez l'épicier du coin en l’insistant à s’engager pour plus d'hygiène et l'affichage des prix.
- Diminuer le plus possible le poids des déchets et surtout en faisant le tri; séparer les déchets plastiques, du papier et autres favorise la réduction des déchets vers les décharges.

(1) - comme celle de Médiouna -décharge de Casablanca- (les photos-reportage ont été montrées lors de notre conférence)
(2) - 1 pain consommé pour deux achetés
(3) - 250 Euros/Tonne
(4) - en dehors d’une période de protectionnisme en faveur de la production locale (Mai à juillet)